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Le rechargement de la bille d'acier: Conseils pratiques et trucs

Par
Guillaume Provencher

Depuis quelques années, l’avènement de l’utilisation de bille non-toxique pour la chasse des oiseaux migrateurs a bouleversée beaucoup de nos vieilles habitudes. Comme la grenaille de plomb est dorénavant défendue, les chasseurs ont du se tourner vers d’autres types de billes afin de pouvoir profiter de ce merveilleux sport. Au Québec et pour le reste du Canada, ce retournement est plutôt récent, et plusieurs chasseurs se sont détournés du rechargement, considérant que cela ne valait plus la peine d’investir temps et argent dans ce domaine.

Or, il c’est avéré au fil des ans, que les principales cartouchières ont sensiblement augmentés les coûts de leurs produits, et dorénavant un chasseur qui veut se procurer des munitions adéquates devra débourser quelques deniers de plus. Le rechargement réduit sensiblement ces coûts, et offre aussi la possibilité d’avoir une plus grande panoplie de charges convenant mieux à différentes situations de chasse.

 

Plusieurs types de matériaux différents ont été testés, afin de remplacer le plomb. Les principaux matériaux sont : l’acier mou, l’étain, le bismuth, le tungstène fer (fonte), le tungstène polymère, le H.E.V.I. (tungstène-étain-nickel), etc. Tous ces matériaux se sont avérés de bons compromis à la bille de plomb. Cependant, de cette liste, le matériau le moins dispendieux est la bille d’acier. À date, il reste le matériel le plus viable pour quiconque désire produire ses propres munitions. Comme l’utilisation (voir le tir) de cette grenaille est relativement nouvelle pour nous, le rechargement de l’acier l’est encore plus.

 

Je ne vais pas, dans ce texte, tenter d’expliquer toutes les étapes du rechargement de cartouches à billes, ni de développer tous les aspects ou théories du rechargement de la bille d’acier, mais bien d’essayer de démystifier certaines de ces étapes, en incluant plusieurs petits trucs découvert au fil des ans.

 

 

 

Plomb vs acier : qu’est-ce qui a changé?

 

Tous les gens intéressés s’en doutent, il existe quelques différences entre la composition d’une munition à bille de plomb et celle d’une cartouche à grenaille d’acier.

 

Premièrement, la bille : lorsqu’on voit des billes d’acier pour la première fois, il est pratiquement impossible de voir la différence avec des billes de plomb. Cependant, ces billes sont très différentes : l’acier mou a une dureté d’environ 90Br (échelle de dureté Brinell) (l’acier à structure standard a une dureté d’environ 140Br), alors que le plomb à l’antimoine peut se déformer facilement. Si on compare les bourres, on s’aperçoit que les bourres pour le plomb avaient un coussinet intégré, empêchant du mieux qu’il était possible la déformation des billes de plomb. Ce coussinet a été abandonné du fait que la bille d’acier ne se déforme que très légèrement.

Le poids volumétrique (ou densité) de l’acier est aussi beaucoup moindre que le plomb; environ 30% plus léger. On verra plus loin que cette situation va apporter des changements au niveau de la bourre.

 

Deuxièmement, la bourre : Comme la dureté de la bille d’acier est presque comparable à celle du canon de notre arme, il a fallu s’assurer de la protection de celui-ci. Pour ce faire, des nouvelles bourres ont été conçues avec des résines plastiques beaucoup plus performantes, du coté résistance à l’abrasion et à l’impact.

 

La capacité interne de ces bourres a aussi été augmentée sensiblement, afin de pouvoir insérer un plus grand volume de billes. Comme la bille d’acier a une densité volumétrique de 30% moindre que le plomb, il faut compenser le manque à gagner sur la force d’impact. Pour ce faire il faut augmenter la grosseur des billes, d’où une augmentation de la capacité interne.

 

À ma connaissance, il y a présentement 4 compagnies qui fabriquent les bourres et accessoires pour le rechargement de l’acier. Ces compagnies sont : Ballistic Products, basé à Corcoran, Minnesota (BP 10 TUFF, BP Ranger Plus, BP Limited Bore Contact Wad, Steel Traget Special, etc.), Reloading Specialties, basé à Pine Island, Minnesota (Bourres RS SAM 1), Precision Reloading basé à Stafford Springs Connecticut, et Mayville Engineering Corp (MEC), Basé à Mayville Illinois.

 

Dans la photo qui suit on peut observer différentes bourres pour le rechargement de la bille d’acier et du plomb. De gauche à droite : la Steel Target Special de Ballistic Products (anciennement la Magnum 42) la seule bourre sur le marché ayant été convertie de l’utilisation de la bille de plomb pour celle de l’acier, la Ballistic Products 10TUFF (BP 10 TUFF), la Ranger Plus 12 ga (de Ballistic Products), la RS SAM ONE 3 pouces (Reloading Specialties), la Remington RP12 pour le plomb, et la Guallandi (Fiocchi, Challenger, etc.) 2 ¾ pouces pour le tir au pigeon d’argile. Comme mentionné, on peut observer que les bourres pour la grenaille d’acier ne comporte pas de coussinets (sauf la STS, qui elle est une bourre pour la pratique et les charges légères).

 

En ce qui concerne l’aspect physique des cartouches à billes d’acier, toutes les autres composantes (douilles, amorces, poudre) sont identiques. Seules les quantités de poudre vont changer.

 

Les accessoires de bourres

 

Il existe certains accessoires qu’on peut insérer dans les bourres pour la bille d’acier. Ces accessoires sont parfois utiles, certains sont conçus pour réduire la friction, d’autres pour améliorer la performance de la cartouche. La photo suivante démontre une partie de ceux-ci.

De gauche à droite : des feuillets de « Mylar » (Mylar wrap) afin de réduire la déformation de la bourre (n’est presque plus utilisé), des sous-bourres de feutre de ¼ de pouce (qui comblent le l’espace inutilisé de la douille et réduisent la pression interne), des sous-bourres de 1/8 pouces, des rondelles de Tyvex (ajoutées au dessus des grenailles afin de réduire l’infiltration d’eau)

 

Certains de ces accessoires servent aussi pour la lubrification des bourres et des billes. Personnellement, bien que j’en aie en ma possession, je ne me sers que très rarement de ce produit. Le Motor Mica (de Ballistic Product) est un produit extrêmement volatile, qui se répand au moindre courant d’air, et le rend très désagréable d’utilisation.

 

Un autre de ces accessoires, sous forme de poudre, qui agit comme un tampon de protection des billes, est communément appelé « buffer ». Cette poudre est simplement de la résine plastique broyée finement, qui sert à empêcher la déformation des billes lors du tir. Certaines recettes suggèrent l’utilisation de cette poudre. Cependant, je trouve l’emploi de cet accessoire fastidieux et peu pratique. En effet, le seul temps où on peut insérer cette poudre est juste avant de fermer la cartouche. Si on essaie de mélanger cette poudre dans le contenant pour bille (bouteille ou plat), la poudre aura tôt fait de se séparer des billes du au poids de ces grenailles. Lors de l’insertion du buffer dans les billes, il faut s’assurer que cette poudre soit bien intégrée à la charge complètement. La seule façon est de mettre la cartouche complète sur un vibrateur, afin de faire vibrer le tout et que le buffer s’assimile au grenailles. Si on laisse trop longtemps sur un vibrateur, les billes voudront encore se séparer du buffer, et si l’espace était déjà restreint, je vous laisse deviner ce qui se passera. Donc l’utilisation n’est recommandée que pour ceux qui s’y connaissent. Personnellement, je n’ai fait l’utilisation de buffer que pour la curiosité, et n’y ai plus recours.

 

La photo suivante illustre les bourres complètes, prêtes à être utilisées.

 

Le Matériel

Outre la (ou les) machine, il y a quelques instruments qui seront d’une grande utilité pour le rechargement.

 

La photo ci-dessous, illustre ces accessoires, soit : dans le sens d’une aiguille, deux ou trois récipients propres, servant à accueillir une petite réserve de billes, une bonne balance en grains (certaines vont jusqu’à 1000 gr), une barre Universelle (pour les machines de marque MEC seulement), et une mesure pour grenailles ajustables (Ballistic Products). La mesure ajustable peut être remplacée par une mesure qui sera fabriquée à partir d’une bourre (j’expliquerai plus loin comment s’y prendre).

 

 

La barre dite Universelle, pour ceux qui ont des machines MEC, est un outil pratiquement obligatoire, dû au fait qu’il ne sera plus nécessaire d’avoir plusieurs barres et mesures volumétriques (les célèbres bushings) pour fabriquer des cartouches. On ajuste un coté pour la quantité de grenaille, et l’autre coté pour la poudre et le tour est joué. Je sais que cet équipement ne peut servir pour les machines Ponsness-Warren. Par contre j’ignore s’il peut convenir pour d’autres machine (LEE, Pacific, etc.)

 

La mesure ajustable (ou une mesure fabriquée) est nécessaire pour la bonne raison que les billes de grandes dimensions (numéro 2, BB, BBB etc.), ont la fâcheuse tendance à se compacter et bloquer dans le tuyau de descente des composantes. Lors du rechargement de ces billes, la meilleure pratique est de mesurer la quantité des billes séparément de la machine à l’aide soit de la mesure ajustable ou de la mesure fabriquée. On insère ensuite les billes dans la nouvelle cartouche (dans laquelle on aura mis poudre et bourre avant).  Cela évite ainsi le coincement des grenailles dans le tube, et sauvera de quelques désastres.

 

Parmi tout le matériel nécessaire pour recharger la grenaille d’acier, il existe un kit, appelé « Steel Conversion Kit ». Je vous laisse apprécier, par la photo suivante, de la pertinence de ce kit. Pour résumer, disons que le seul article vraiment nécessaire dans cet ensemble est la barre de 1 1/8onces (fournie dans le kit), laquelle sera obsolète lorsqu’on se procurera une barre universelle.

Un petit gadget plus que pratique, un aimant. Peu importe sa taille. Comme la nouvelle bille est attirée par un aimant, notre petit outil sera très utile lorsque des billes se seront « sauvées ».

 

L’entreposage des billes cause parfois certains problèmes. J’ai réglé la question en conservant des bouteilles de plastique de 1 litre, propres et relativement étanches. Étant bricoleur de nature, et ayant aussi accès à un atelier de soudure, je me suis fabriqué un genre de porte-bouteilles, sur roulettes (le luxe!!), que je glisse sous mon établi de rechargement. On remarque aussi, que toutes les bouteilles sont bien identifiées.

Dernier article, et non le moindre, des livres et des livres sur le rechargement de la bille d’acier. C’est bien de pouvoir se partager des recettes de source sûre, mais il restera toujours une seule source vraiment fiable, le livre de recettes. Il y a en a maintenant une bonne panoplie disponible. Cependant, seul le Lymann Shotshell Reloading Hanbook est disponible au Québec. Deux compagnies qui éditent ces livres retiennent mon attention, soit Ballistic Products et Reloading Specialties. Ce sont tous deux des «leaders» dans ce domaine, et les autres compagnies ne font que les suivre. IL FAUT TOUJOURS SUIVRE À LA LETTRE CES RECETTES, ET NE JAMAIS INTERVERTIR LES COMPOSANTES D’UNE RECETTE. Le rechargement de la bille d’acier n’est pas aussi permissif que celui de la grenaille de plomb, du au fait que les billes d’acier ne se déforment pas lors du tir. Il a aussi été déterminé que la bille d’acier produisait un phénomène de compaction lors du tir, et si la recette n’a pas été suivie rigoureusement, cela va augmenter considérablement les pressions internes dans la cartouche lors du tir, , et peut être extrêmement dangereux. NE JAMAIS INTERVERTIR DE COMPOSANTES DE PLOMB POUR L’ACIER.

 

La Fabrication d’une mesure pour l’utilisation des grandes billes (numéro 2, BB et plus)

 

Comme mentionné plus haut, il ne sert à rien d’essayer d’utiliser le coté grenaille de la machine, pour faire des cartouches avec des grenailles de grandes dimensions (cela valait aussi pour les billes de plomb), et ce même si on a l’ensemble de conversion pour l’acier (Steel conversion kit). Les billes vont automatiquement se coincer dans le tube de tombée des composantes, et faire « sacrer » le bricoleur. Seules les grenailles de petites dimensions (numéro 3 et moins) vont « tomber » adéquatement dans la cartouche. Il faut donc procéder autrement, c'est-à-dire insérer les billes séparément de la machine. Il faut aussi être en mesure de pouvoir quantifier la dose exacte des grenailles. Pour ce faire, il y a à ma connaissance deux moyens de s’y prendre. Premièrement, il y a un petit gadget disponible, qui est une mesure ajustable pour grenailles. Cependant, ce gadget a été conçu pour la grenaille de plomb, et il faut le convertir pour la grenaille d’acier (sans doute qu’avec le temps il aura été modifié en conséquence). De plus ce gadget a une capacité restreinte, et ne pourra mesurer les charges de plus de 1 1/4onces d’acier.

 

La deuxième méthode, est de se fabriquer une mesure. Pour se faire, on prend une bourre vide, et de la plus grande capacité disponible (si possible une bourre 10 ga), à laquelle on aura retenu les parois (ou pétales) par un diachylon.

Notez aussi qu’il n’est pas nécessaire que notre nouvelle mesure soit constituée avec une bourre, tout autre contenant de petites dimensions peut convenir à cette tâche. Je trouvais simplement, qu’une bourre marquée retenait plus mon attention.

 

 

On pèse ensuite la quantité de grenailles voulue. Une balance conventionnelle, aura une capacité maximale de 500 grains. Donc le maximum de grenaille que l’on va pouvoir peser sur cette balance est 492 gr, qui est une charge de 1 1/8onces. Il suffit ensuite de marquer sur la bourre, l’endroit ou la charge pesée a été contenue.

À noter ici la notion de GRAINS. C’est une mesure de poids de notre cher système Britannique (ou système « Avoir du poids »), et l’abréviation des grains (gr.) peut facilement être confondue avec les grammes (g.) du système métrique. Comme nous sommes en Amérique du Nord, il est cependant assez rare d’avoir des recettes de rechargement conçues en métrique. Plus de 90% des recettes sont au système britannique, donc en grains et onces. Il serait extrêmement dangereux de confondre ces notions.

 

À Retenir : voici la formule pour convertir d’onces à grains. Il y a 7000 grains dans une livre impériale. Comme il y a 16 onces dans une livre, on divise 7000 par la quantité d’onces dans une livre. Ensuite on multiplie par la quantité de charge voulue.

Donc 1 1/8 onces =    (7000gr divisé par 16 onces) multiplié par 1 1/8 onces = 492 gr

Soit    7000  X 1.125  = 492 gr

               16

D’où le tableau suivant

Onces de billes d’acier Équivalent en grains
7/8 382 gr
15/16 410 gr
1 437.5 gr
1 3/16 519 gr
1 1/4 546 gr
1 3/8 601 gr
1 1/2 656 gr
1 5/8 710 gr

Pour les charges plus lourdes, il suffit de faire cette opération en deux étapes. La première étape, consiste à peser une première quantité de 500 grains. On garde de coté cette quantité de grenaille.

Et on pèse ensuite le reste de la charge voulue.

 

Dans l’exemple démontré, on avait comme charge 1 5/8 onces, soit 710 gr. Bien entendu, cela ne vaut que pour les balances à 500 grains. Si on a une balance à 1000 grains, on pèse directement la charge voulue.

On insère ensuite dans notre contenant le total des grenailles, et on marque l’endroit sur notre contenant.

 

Comme on peut le constater, cette mesure peut servir pour plusieurs charges. Cependant, ceci n’est qu’un exemple, et je conseillerais de ne fabriquer qu’une seule mesure par charge désirée. Cela évitera beaucoup de maux, surtout lorsque nous allons essayer de fermer nos cartouches.

 

Il est aussi important d’indiquer pour quelle grosseur de grenaille notre mesure a été calibrée. En effet les petites grenailles (numéro 4 et moins) vont prendre moins d’espace que des grenailles de plus grandes dimensions.

 

On constate aussi, qu’une charge de 1 5/8 onces emplit complètement la bourre (pour la charge de jauge 10 : il en va de même pour certaines charges de jauge 12). On verra plus loin qu’avec la sous-bourre, les grenailles dépassent considérablement la protection qu’offre cette bourre. Il ne faut pas s’en faire avec cette situation. En effet, la sous-bourre s’écrase complètement lors des pressions générées par la mise à feu, et les grenailles seront complètement re-insérées dans la bourre, protégeant ainsi le canon de notre arme préférée.

 

Le vif du sujet : les étapes concernant la bille d’acier

 

Comme mentionné plus haut, je ne vais pas tenter de couvrir le rechargement des cartouches à billes au complet, mais seulement les parties qui concernent la bille d’acier. Il y a plusieurs volumes qui couvrent entièrement le sujet, dont le « Lymann Shotshell Reloading Handbook Edition IV ». Ce volume est disponible à plusieurs endroits au Québec (Le Baron, Dante, etc.).

 

Donc, je vais passer par-dessus les étapes de nettoyage de la douille (au besoin), d’enlèvement de la vieille amorce, du calibrage de la douille, du réamorçage de la douille, et de l’insertion de poudre. Tout cela est expliqué de long en large dans le volume cité plus haut.

 

Vous excuserez aussi les doigts, le rechargement est une sale affaire pour les doigts!!! Aussi, pour les besoins de la cause (après tout la chasse printanière est à nos portes), l’opérateur (votre humble serviteur!!) s’est permis de prendre pour exemple des cartouches 10 ga. Comme pour la grenaille de plomb, on peut faire des cartouches à billes d’acier dans les jauges 12, 16 et 20. Quoique moins développés que le 12, il existe des recettes et composantes pour faire du 16 et 20 ga.

 

Passons donc à l’insertion de la bourre. Comme la prochaine photo va l’illustrer, les machines modernes sont conçues pour installer adéquatement la bourre (avec la sous-bourre préalablement insérée dans la bourre).

Cependant, comme la bourre pour la bille d’acier ne comporte pas de coussinet, il est difficile de savoir si elle est insérée à la bonne profondeur, c'est-à-dire qu’elle doit écraser légèrement la poudre au fond de la douille. L’indicateur de positionnement de la bourre serait sensé nous indiquer cet état de chose. Or pour arriver à cette fin, MEC aurait eu à revoir la conception de leur machine au complet, et pour cette seule étape, il n’a pas été jugé pertinent de le faire. De plus cela aurait enlevé le coté versatile de ces machines. Donc l’indicateur de position de bourre ne bougera pas. Ce n’est que par essai et erreur que l’on découvrira la bonne position de celui-ci. Si on tente d’ajuster le tube d’insertion pour avoir une lecture, celui-ci sera trop bas, et on ne pourra pas avoir assez d’espace pour incorporer la bourre. Personnellement, je vérifie toujours la position de la bourre. Si celle-ci n’est pas à bonne profondeur, même si on a tenté d’ajuster la machine. Il est facile d’enfoncer la bourre à l’aide d’une tige quelconque (un crayon par exemple).

 

Toujours vérifier si la sous-bourre est encore à l’intérieur de la bourre; ce petit bout de feutre a parfois la fâcheuse habitude de se coincer dans le tube d’insertion. N’oubliez pas aussi de remettre la barre universelle sur la machine dans la position « poudre » pour la prochaine cartouche.

 

 

 

La photo ci-dessous est pour démontrer « l’indifférence » de l’indicateur de positionnement de la bourre.

 

Les machines plus anciennes ne sont pas conçues pour aller installer la bourre convenablement; les bourres pour la bille d’acier ayant un diamètre légèrement plus grand et sont beaucoup moins ductiles (moins molles), que leurs consoeurs pour la bille de plomb. Il faut alors, insérer la bourre manuellement. Ce n’est pas une mince tâche, mais avec de la patience on peut arriver à tout.

 

Lorsque la bourre est au bon emplacement dans la douille, il faut ensuite incorporer les grenailles. On peut le faire en utilisant notre machine (pour les grenailles de petit format), ou on se sert de notre jauge volumétrique fabriquée plus haut. Peser toutes les charges de billes est aussi viable, mais demande une consommation supplémentaire de temps.

 

Pour ceux qui utilisent du « buffer » (agent tampon), c’est lorsque les billes sont à l’intérieur de la cartouche qu’il faut le faire. Il faut alors, mettre la cartouche sur un vibrateur quelconque, en l’occurrence un vieux rasoir électrique fait bien cette besogne, afin de bien incorporer le tampon, selon la quantité spécifiée dans la recette

 

C’est aussi à ce moment qu’il faut placer le feuillet de Tyvex. Celui-ci aidera à préserver de l’infiltration d’eau à l’intérieur de la cartouche. À noter, cependant, que ce feuillet ne rend pas la cartouche étanche, mais est plus simple à installer qu’un scellant convenable (goutte de cire, scellant spécifique pour cartouches, etc.).

 

 

On ferme ensuite la cartouche selon les étapes de fermeture. Voici un exemple de produit fini.

 

Je trouve particulièrement efficace, un bon crayon feutre indélébile pour bien identifier mes cartouches.

 

Les photos suivantes montrent un exemple d’une cartouche à laquelle il n’y a pas de sous-bourre. Rassurez-vous, il y a moyen de réparer cette situation. Il suffit de déplier les « étoiles » à l’aide d’une tige assez longue et fine, en l’occurrence un bon vieux clou. Lorsque les « étoiles » sont dépliées, on met de coté les billes, on re-insère la sous-bourre. On remet ensuite les grenailles, le feuillet de Tyvex, et on ferme le tout.

 

La quantité ou le nombre désiré de sous-bourres dépend de la grosseur de grenailles employées. En effet, pour une recette donnée, il se peut qu’on ait besoin de rajouter une sous-bourre additionnelle, afin de bien fermer notre cartouche. Règle générale, plus les grenailles sont petites, plus on aura besoin de rajouter de sous-bourres. L’inverse est aussi possible pour de plus grandes grenailles, soit aucune sous-bourre pour les grenailles de type F, FF, FFF etc. Le poids des sous-bourres est négligeable et n’entrave pas la performance des cartouches.

Et le résultat final, deux boites fraîchement pressées, prêtes à affronter ces chers oiseaux.

 

 

On note à gauche qu’il y a trois cartouches. Ces cartouches ont servies à ajuster la machine, et pourrons être envoyées à la réparation (voire paragraphe où on ouvre une cartouche), ou servir pour achever nos oiseaux blessés.

 

Deux derniers points; le premier étant l’identification des composantes sur la machine. Je déteste ignorer ce que mes machines contiennent (c’est aussi une question de sécurité), et pour parer ce détail, je pose des étiquettes autocollantes sur les bouteilles. J’y indique ce que les bouteilles contiennent. J’indique aussi la dernière utilisation, c'est-à-dire la quantité de poids du matériel utilisé. Cela vaut autant pour la poudre que pour les grenailles.

 

Autre détail, l’ajustement de hauteur de la tête de la machine. Dépendamment de la hauteur de cartouche désirée (2 ¾, 3 ou 3 ½ pouces), il faut ajuster la machine en conséquence. Pour se faire, il y a des trous sous le plateau de la machine spécialement aménagés à cet effet. Il s’agit de placer le boulon au bon endroit, et le tour est joué.

 

 

Alors, ceux qui ont déjà fait du rechargement ont pu constater que recharger la bille d’acier n’est pas si différent du rechargement de la bille de plomb. Seules quelques composantes sont changées, le principe reste le même. Il en va de même aussi pour les autres billes non-toxiques, que ce soit le bismuth, le HEVI, etc. Quant à ceux qui veulent se lancer dans cette avenue, je suis convaincu qu’ils trouveront un confrère qui sera prêt à les guider.

 

Comme mentionnée maintes fois, le rechargement offre non seulement une réduction significative des coûts de nos munitions, mais offre aussi d’avoir en main des cartouches à haut rendement, souvent supérieures à ce qui est offert sur le marché

 

Bon bricolage, bon rechargement et surtout bonne chasse à tous!!!!!

Guillaume Provencher